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Les deuils de la synthèse

  • Photo du rédacteur: Annaig Collias
    Annaig Collias
  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture

Salut !


Alors que tu lis cet article, de mon côté j'anime ma première session de l'année de formation à la facilitation graphique avec Cap métiers.


Et en retravaillant mon plan il y a quelques semaines, j'ai changé mon fusil d'épaule : j'ai décidé de commencer ce premier jour en présentiel par la posture nécessaire pour synthétiser.


Parce qu'elle est un prérequis essentiel et pas toujours si facile que ça à accepter...


Une posture du renoncement nécessaire pour faire preuve d'esprit de synthèse

Si je devais définir la synthèse, je dirais que c'est :

un processus de transformation intentionnel

d'un contenu dense (ou plusieurs) en un support court, clair et utile,

au service d'un objectif et d'une cible précis.


Cette transformation implique donc de faire des choix (ce que tu gardes ou non, ce qui est essentiel ou pas...). Or tu le sais, choisir c'est renoncer (désolée pour cette expression éculée mais il m'est bien difficile de faire l'impasse dessus !). Et ce n'est pas toujours facile.


Pour y parvenir, il te faut donc commencer par accepter de renoncer.


Et pour ça, je t'ai listé cinq deuils à faire pour (enfin) y arriver.


Les cinq deuils nécessaires pour pouvoir faire preuve d'esprit de synthèse



Le deuil de l'exhaustivité

Faire une synthèse, c'est offrir une vue d'ensemble, aux autres ou à soi-même. Alors hors de question de faire le tour du sujet, de rentrer dans les détails ou de tout garder !

Tu ne dois conserver que les points saillants et essentiels puis les hiérarchiser.


Le deuil de la fidélité linéaire

Synthétiser ne veut pas dire restituer dans l'ordre.

Même si le contenu source sur lequel tu t'appuies se déroule de manière linéaire, ta synthèse, elle, n'a pas à suivre ce fil chronologique.

Tu peux tout à fait regrouper les idées par thèmes, commencer par la conclusion, choisir une structure qui sert mieux ta cible et ton objectif.

Le tout est de bien définir ces deux derniers avant toute chose (je t'en parlerai davantage bientôt !).


Le deuil de la complexité apparente

On croit souvent qu'une bonne synthèse doit refléter la complexité du sujet, comme si simplifier revenait à trahir.

Mais synthétiser, c'est précisément rendre accessible ce qui est complexe, sans pour autant le dénaturer, sans appauvrir mais en clarifiant.

La complexité appartient donc au contenu source. Ta synthèse, elle, appartient à ta cible (même si c'est toi-même !).


Le deuil de LA bonne réponse

Il n'existe pas une seule synthèse possible pour un même contenu.

Deux personnes qui synthétisent le même texte, produiront deux synthèses différentes, d'autant plus si leur cible et l'objectif poursuivi sont différents. Et pourtant, ces synthèses seront toutes les deux justes.

C'est d'ailleurs ce que je fais découvrir à mes stagiaires avec l'exercice du chocolat : même texte pour tout le monde, résultats radicalement différents. Et c'est une libération (enfin, j'espère !).

Parce que ça veut dire qu'il n'y a pas de mauvaise synthèse mais seulement des synthèses plus ou moins adaptées à leur contexte.


Le deuil de la neutralité (celui-ci, je l'aime beaucoup !)

Si synthétiser, c'est choisir, eh bien choisir, c'est forcément prendre position, même inconsciemment. Or, tous tes choix reflètent ton point de vue.

Une synthèse n'est donc jamais neutre, même quand elle cherche à l'être, et même quand tu es bien au clair sur ta boussole décisionnelle (objectif, cible et le reste à venir pour une prochaine édition !).

Et ça, c'est une super nouvelle ! Parce qu'accepter cette subjectivité, c'est aussi moins se prendre la tête et enfin se faire confiance.



Pour finir, un p'tit tips et un exo

Au mois de mars, j'ai assisté au dernier sommet des Décoincés du crayon sur le pouvoir du visuel. Si tu ne connais pas, c'est une mine d'or pour toutes les personnes qui pratiquent la facilitation graphique, les débutant.es comme les plus chevronné.es (et ne t'inquiète pas, je te tiendrai au courant l'année prochaine quand les inscriptions au sommet sortiront).


J'y ai découvert l'atelier d'Aya Berteaud sur le haïku et la pensée visuelle. Et j'ai trouvé ça hyper intéressant et porteur !


Son conseil tient en deux étapes :

  • Ecoute ou lis un support, sans prendre de notes, juste en te concentrant. Une fois cela terminé, écris un haïku (un poème japonais, de trois vers, centré sur la nature, l'instant, les émotions). Pas besoin de rimes, de compter les syllabes, mais plutôt d'être à l'écoute, du support et de toi !

  • Puis illustre ton haïku par quelques traits, un picto...


Et voilà, le tour est joué ! Tu te retrouves avec tout petit résumé ET son illustration synthétique et bien plus poétique (au-delà de la tentation du rébus que nous tendent parfois les pictos 😅) que ce que tu aurais fait en prenant des notes.


Avant de te quitter, sache que j'organise la première session pour mon mini bootcamp de formation à l'esprit de synthèse, Déclic, avec de nouvelles dates.


Pour plus d'infos, tu peux aller jeter à oeil à cette page ☺️.

☀️ Et pour clore cette édition, j'ai une question à te poser et un exercice à te proposer :

  • Quel deuil te semble le plus complexe à faire et pourquoi ?

  • Ecris un haïku à la suite de ta lecture de cette newsletter puis illustre-le et envoie-moi le tout en réponse ou via Linkedin


Hâte de te lire et à tout vite !


Annaig

 
 
 

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